La crise économique au rendez-vous des DevDays

L’impact de la crise économique sur les pays ACP est à la une de la quatrième édition des Journées européennes du développement, qui s’ouvre à Stockholm (Suède) le 22 octobre 2009 pour trois jours.

Jacques Diouf, Directeur-Général de l'Organisation des Nations-Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture.

Les effets de la crise économique mondiale sur les pays en développement se précisent. Ainsi, dans sa communication Aider les pays en développement à surmonter la crise publiée en avril dernier et avalisée par le Conseil des ministres de l’UE et le Conseil conjoint UE-ACP en mai, la Commission européenne estime que les investissements étrangers pourraient chuter de 80% et les envois de fonds des travailleurs émigrés de 40%. Le commerce mondial se ralentit et la croissance économique de ces pays risque de baisser de 5% ou plus. Cette situation, poursuit-elle, plongera jusqu'à 100 millions de personnes dans la pauvreté en 2009, qui rejoindront celles déjà touchées par la flambée des prix des denrées alimentaires et des carburants. Comme pour le changement climatique, rappelle-t-elle, les pays en développement seront parmi les plus durement touchés par la récession mondiale, alors qu'ils en sont les derniers responsables. Ainsi, en Afrique, la croissance pourrait atteindre 3,4% en 2009, contre 5,2% en 2008, soit une perte représentant environ le double de l’aide publique au développement (APD) consacrée à ce continent.

Accélérer et élargir les flux d’aide

“Il faut agir tout de suite et l’aide doit avoir un effet anticyclique direct”, souligne la Commission. Comment ? Principalement en accélérant le paiement des aides, y compris en les regroupant, et en redéfinissant les priorités. La Commission entend ainsi redéfinir le cas échant ses programmes de soutien pour refléter les nouveaux besoins et les priorités émergentes. La Banque européenne d’investissement devrait quant à elle se concentrer dans des actions anticycliques dans des domaines prioritaires comme les infrastructures, l’énergie, le climat et le secteur financier. La revitalisation de l’agriculture des pays en développement, en particulièrement des pays ACP, figure également parmi les priorités de la Commission qui rappelle la mise en place en place de la “facilité alimentaire” d’un milliards d’euros, dont 314 millions d’euros ont d’ores et déjà été décaissés en faveur de 23 pays considérés comme les plus menacés.  Elle s’est également fixé un nouvel objectif : investir dans les “couloirs agricoles”, qui assureraient la mise en relation des marchés et des zones de production. Sur le plan climatique, elle propose notamment un nouveau financement pour aider au reboisement et au transfert de technologies des pays en développement, dont les fonds seraient prélevés sur les recettes de la vente aux enchères des quotas d’émission des pays de l’UE.

Sur le plan commercial, la Commission propose de renforcer les crédits à l’exportation, les facilités de crédit et les garanties, “modes déterminants de stimulation du commerce.”

Un mécanisme pour financer les services sociaux

La crise actuelle pourrait plonger cette année 100 millions de personnes de plus dans la pauvreté dans les pays en développement, souligne la Commission. Les femmes, enfants, personnes âgées et handicapés sont les plus exposés. Pour ne pas laisser les plus vulnérables dépourvus de protection, il est capital, souligne-t-elle, d’assurer une aide continue dans les secteurs clés de la santé, de l’enseignement et d’un travail décent. La crise sociale, souligne la CE, a un coût économique, qui risque de mettre à mal le financement public des services sociaux. Aussi a-t-elle proposé de mettre en place un mécanisme de soutien des dépenses sociales et de consacrer 500 millions d’euros du 10e Fonds européen de développement (FED) à l’aide aux pays ACP les plus touchés par la crise. Ce financement sera mis en œuvre par l’intermédiaire du système Flex existant (formule de “décaissement rapide” pour aider les pays ACP à composer avec les fluctuations des recettes d’exportation) et basé sur les pertes d’exportation précédentes, et par un nouveau système Flex ad-hoc – qui doit encore être formellement proposé – et basé sur la vulnérabilité. Ce “Flex-vulnérabilité” sera basé sur des paramètres tels que les prévisions des pertes d’exportation, les flux financiers et la baisse des transferts.

Sur  ce dernier point, les ministres des Affaires étrangères de l’UE, réunis le 18 mai dernier à Bruxelles, se sont dits particulièrement préoccupés par l’impact négatif de la crise sur les envois de fonds des travailleurs émigrés. Rappelons que ces fonds, selon certaines estimations, dépasseraient, et de loin, l’aide publique des pays industrialisés. Aussi ils “se félicitent des travaux en cours dans les enceintes internationales (…) notamment en vue de l’établissement d’un institut des envois de fonds des travailleurs émigrés africains.”

Marie Martine Buckens

A mechanism to finance social services

This year, the economic crisis could plunge 100 million more people into poverty in developing countries, underlines the Commission. Women, children, the elderly and those with disabilities make up the groups most at risk. The Commission feels that, to guarantee this very vulnerable group some protection, it is vital to ensure a continuous flow of aid in the key areas of health, education and decent work. The EC underlines that the social crisis has an economic cost that could damage the public financing of social services. Therefore, the EC has offered to put in place a support mechanism for social spending and to devote €500M of the European Development Fund (EDF) to the ACP countries most affected by the crisis. This financing will be implemented through the existing Flex system (a form of ‘rapid payment’ to help ACP countries come to terms with the fluctuations of export proceeds) and based on former losses of export proceeds, and by a new ad-hoc Flex system – which must still be formerly proposed – based on vulnerability. This ‘vulnerability Flex’ will be based on such parameters as the forecast of export losses, financial flows and the decline of transfers.

On this last point, the EU ministers of foreign affairs, who met in Brussels on 18 May, are said to be particularly concerned by the negative impact of the crisis on emigrants’ remittances to their home countries. This is because these funds, according to some estimates, far exceed the aid of industrialised countries. Thus, the ministers “are very pleased at the work that is currently being conducted in international circles (…) particularly in view of the development of an institute for the African emigrants’ remittances”.

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